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N°41 | L'allié

François Lagrange

Un bon allié pour les poilus

« Il est bien étonnant qu’il ne soit pas possible d’être parfaitement content de quelqu’un.
Cela prouve que, si l’on était de bonne foi, on ne serait pas souvent content de soi »

Prince de Ligne, Mes écarts ou ma tête en liberté, 1796

Qu’est-ce qu’un bon allié, de l’avis des soldats français du front occidental ? À cette question, les archives du contrôle de la correspondance n’apportent pas de réponse univoque. Cela tient autant à la richesse qu’aux limites de cette source1 : créé en janvier 1915, le contrôle postal militaire se développe jusqu’à atteindre, dès février 1916, un niveau d’organisation performant puis, à partir de décembre 1916, une véritable maturité en termes de fiabilité, d’analyse et de formalisation. Grâce à lui, de 1916 à 1918 mais non avant, malheureusement, nous sommes en mesure de suivre la manière dont les soldats français ont vu leurs alliés.

Premier élément fondamental : il existe une nette dissymétrie entre la perception de l’ennemi et celle des alliés. L’expérience que les combattants français ont de l’adversaire est directe (elle se confond avec celle du front), prolongée et unitaire (un seul ennemi, sur le front ouest : les Allemands). Par comparaison, la relation avec les alliés apparaît floue : ils sont quatre majeurs, dans l’ordre chronologique Russes, Britanniques, Italiens et Américains. Certains ont changé de statut : de neutres, les Italiens et les Américains deviennent alliés, en 1915 pour les premiers, en 1917 pour les seconds ; les Russes, eux, passent de l’alliance à la neutralité en 1917-1918. En outre, les troupes françaises ne sont pas toutes en contact avec leurs partenaires : c’est évident pour les fronts éloignés, russe ou italien par exemple. Mais même sur le front occidental, une majorité de soldats français n’a pas de relations directes avec les Britanniques, sauf à la soudure de leurs portions respectives du front. La presse, régie par la censure, reste le vecteur d’information principal.

Aussi, afin de comprendre le jugement des combattants français sur leurs partenaires, a-t-on choisi de proposer une sélection d’aperçus fondés sur des extraits de lettres et des synthèses périodiques du contrôle postal. Il ne s’agit pas de résumer l’évolution des opinions des soldats (il y faudrait plusieurs articles), mais d’en indiquer certaines inflexions significatives, quelques points hauts et bas suggestifs.

  • Les Russes : de la préférence à la détestation

Un préjugé favorable aux Russes est manifeste chez les soldats français. Son optimum se situe en 1916, du fait de leurs succès dans le Caucase durant l’hiver 1915-1916 et le printemps 1916, et, plus encore, sur le front est, avec l’offensive Broussilov, de son déclenchement le 4 juin jusqu’à la fin août 1916 environ. Les rapporteurs le signalent régulièrement : « Grande confiance dans l’appui des Russes » (cp 20/7/1916)2 ; « Grand espoir dans les progrès des Russes : “C’est [sic] eux qui nous sauvent” » (cp 10/8/1916) ; « Toujours la plus grande confiance dans l’intervention des Russes » (cp 17/8/1916). Ces victoires, bien relayées par la presse3, se traduisent, sur un front est relativement mobile, par des poussées de plusieurs dizaines, voire même de plus d’une centaine de kilomètres, à comparer aux faibles, lents et sanglants grignotages du front ouest en 1915 et 1916.

Ce préjugé russophile s’estompe en 1917. La révolution de février et ses suites suscitent la perplexité : « La Révolution russe est considérée comme une révolution à la fois démocratique et anti-allemande. À ce double titre elle n’attire que des sympathies. On souhaite qu’elle n’entrave pas la poursuite de la guerre » (cpn 1er/4/1917). Le progressif retrait de la guerre des Russes provoque à leur encontre, fin 1917-début 1918, un ressentiment de plus en plus vif. Les soldats français en veulent beaucoup à leurs anciens alliés, dont la défection permet à l’Allemagne de concentrer ses forces sur le front occidental. « La signature de l’armistice par les Russes est vivement critiquée » (cp 19/12/1917, 57 ri) ; « La lâcheté des Russes est vivement critiquée » (cp 25/12/1917, 104 ri).

Les lettres illustrent cette nouvelle détestation des Russes. On leur impute tout ce qui ne va pas, comme la continuation de la guerre en général ou la défaite italienne de Caporetto en particulier : « C’est certainement de la faute des Russes si nous sommes encore en guerre, et dire que ces salauds nous lâchent. Nous irons jusqu’au bout, mais j’espère bien que les Russes seront punis » (cp 13/11/1918, cvad8 [convoi administratif]) ; « Ces salauds de Russes nous ont fichus dans le pétrin et je crois que les Italiens peuvent leur en vouloir car ce que ceux-ci viennent de subir est entièrement la faute des Russes » (cp 15/11/1917, Centre d’instruction divisionnaire, 16 Div) ; « Cependant les Russes s’effondrent de plus en plus, quel rouleau, on ne veut pas le dire, mais au fond on est un peu reconnaissant aux Boches de leur faire sentir le balai et le knout » (cp 23/2/1918, 26 rac).

On note l’humour grinçant du dernier correspondant sur le « rouleau », allusion au thème du « rouleau compresseur » russe utilisé par la propagande alliée du début du conflit. La rancœur envers l’ancien partenaire est telle qu’elle atténue, de façon passagère, la haine contre l’ennemi allemand.

  • Les Américains : de la perplexité à la préférence

L’intervention américaine au côté des Alliés, assez tardive, donne lieu à deux séries de réactions chronologiquement distinctes. La première date de la rupture diplomatique puis de l’entrée en guerre contre l’Allemagne, au premier semestre 1917. Les combattants français l’apprennent avec un mélange de satisfaction et de perplexité : « L’intervention des États-Unis est généralement l’objet de commentaires favorables, parfois mélangés à une pointe de doute » (cp 9/2/1917, 78 ri) ; « L’intervention américaine est contradictoirement appréciée, les uns y voient le meilleur moyen de hâter la fin de la guerre (extraits 21-26). Les autres craignent qu’elle ne prolonge les hostilités et qu’un quatrième hiver aux tranchées n’en soit la conséquence (extraits 25-27) » (cp 8/4/1917, 50 ri).

Des extraits de lettres explicitent le commentaire des censeurs : « La coopération des États-Unis me remplit de joie et d’espérance. S’ils n’envoient pas directement d’obus sur les Boches, ils nous en enverront ainsi que des vivres et puis son [sic] appui politique peut abréger beaucoup la guerre » (cp 8/4/1917, 50 ri) ; « On apprend aujourd’hui que l’Amérique marche, tant mieux, mais pourvu que cela ne prolonge pas la guerre d’un an de plus. Quand on se bat à coups de milliards et qu’on en a beaucoup, on ne s’en fatigue pas... » (cp 9/4/1917, 10 ri). La portée du soutien américain est surtout appréciée en termes de stratégie indirecte : aide diplomatique et économique, sans participation directe aux combats, d’où, chez certains, une incontestable réserve.

Tout change à la fin du premier semestre 1918, particulièrement en juin, lorsque les troupes américaines sont engagées, avec succès, sur le front français, en nombre de plus en plus important : « L’enthousiasme envers les Américains grandit à mesure qu’ils prennent part à l’action commune » (cp juin 1918)4. Les citations de la correspondance sont particulièrement chaleureuses. « Je suis heureux d’être entré en contact avec les Américains, cela m’a permis de faire justice de quelques préjugés » (cp juin 1918, 4 ri)5 ; « Pleins de feu sacré, ne brûlant que de se battre avec les Boches. Bref, des Français de 1914 » (cp juin 1918, 220 rac)6.

L’équivalence établie entre les Américains de 1918 et les Français de 1914 semble sans précédent. L’historien Jean Nicot souligne l’affirmation et l’ampleur de ce courant d’opinion très élogieux en juillet-août 1918 : « Les Américains sont en France les plus populaires des soldats alliés, ils sont les grands favoris. On peut estimer qu’il en est parlé dans 30 % des lettres au moins7. » Un phénomène massif, exceptionnel, que l’on ne peut rapporter qu’à l’engouement pour les Russes en 1916. Il se maintient presque jusqu’à l’armistice8. Il n’est pas sans retombées occasionnelles dans le jugement formulé sur d’autres partenaires : « Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’on n’a jamais pu depuis 1914 s’entendre avec les Anglais comme on le fait avec les Sammies » (cp juillet-août 1918)9.

  • Les Britanniques : la constance sans le brillant

Si « les Britanniques » est la dénomination exacte, l’usage, dans la correspondance des soldats français, impose, de façon écrasante, « les Anglais ». Bien qu’alliés depuis 1914, ils apparaissent en général à l’arrière-plan des préoccupations des poilus. Cette position en retrait est nette, même quand ils tiennent le premier rôle, pendant l’offensive de la Somme au second semestre 1916, en prélude à l’offensive Nivelle en avril 1917, ou durant l’offensive de Passchendaele au second semestre 1917. Les contrôleurs le relèvent plus ou moins implicitement. Les débuts de la Somme incitent à l’optimisme, mais associent étroitement Français et Anglais : « L’offensive franco-anglaise donne beaucoup d’espoir. [...] L’optimisme est à peu près général, beaucoup de militaires considèrent la fin de la guerre comme prochaine » (cp 11/7/1916 et 20/7/1916).

La manière dont sont appréciés les progrès des Anglais en mars 1917 est significative : « L’avance anglaise […] surprend heureusement » (cp 4/3/1917, 202 ri). Leurs longs et persévérants efforts à l’automne 1917 sont salués de loin en loin : « Les succès anglais sont très appréciés » (cp 8/10/1917, 330 ri) ; « La victoire des Anglais enthousiasme les hommes » (cp 11/10/1917, 365 ri).

Ces éclaircies ne durent pas. Les avis sur les Anglais se font alors critiques : « Quelques récriminations relatives à l’action des Anglais » (cp 17/8/1916) ; « Beaucoup d’éloges pour les Russes et les Italiens. On trouve que les Anglais n’en font pas autant qu’eux » (cp 21/8/1916). La tonalité des lettres est désabusée : « Ça ne finira donc jamais ? Je ne sais pas si les Anglais progressent sûrement, mais ce qui est certain, c’est qu’ils avancent lentement » (cp 17/8/1916) ; « Je vois que les Anglais ont fait un peu d’avance, mais ils sont encore loin d’avoir délivré le pauvre pays » (cp 2/9/1917, 3 R Dragons). Ni les revers des Britanniques en mars-avril 191810, source logique d’insatisfaction, ni leurs succès au second semestre 191811, éclipsés par ceux des Américains, n’altèrent fondamentalement cette équation.

Un facteur correctif local doit être pris en considération. En effet, les soldats français qui ont côtoyé leurs camarades britanniques pendant la bataille de la Somme ont d’eux une bien meilleure opinion : « Les Anglais ont également donné une excellente impression à ceux qui les ont vus à l’œuvre » (cp Troyes, 18/10/1916) ; « J’ai vu les Anglais à l’œuvre : ils ne savent pas faire la guerre comme nous et perdent beaucoup plus de monde, mais quel courage et quel sang-froid. Ils sont merveilleux » (cp 26/10/1916).

  • Les Italiens : une « sœur latine »12 en demi-teinte

La lutte difficile et opiniâtre des Italiens contre les Austro-Hongrois, ponctuée d’offensives acharnées aux maigres résultats, ne paraît presque jamais décisive aux yeux des Français. Aussi leur présence dans les correspondances et les commentaires des contrôleurs est-elle intermittente et, même appréciée, mélangée à d’autres faits de guerre : « Le moral se maintient toujours bon. L’avance persistante des Russes et des Italiens, la progression constante de l’offensive anglo-française de la Somme et la résistance de Verdun font croire que la fin de la guerre approche » (cp 16/7/1916) ; « Les succès d’armes à Verdun de même que ceux de l’armée italienne sont l’objet de vifs commentaires » (cp 29/8/1917, 104 ri Tale). Singulière malchance : seule la très grave défaite italienne de Caporetto, fin octobre-début novembre 1917, retient l’attention : « La grande défaite italienne impressionne les hommes » (cp 31/10/1917, Ambulance 8 Div) ; « Le recul italien a énormément impressionné les hommes, il est l’objet de nombreux commentaires » (cp 2/11/1917, 10 ri).

Certains extraits de lettres rendent les Russes responsables des malheurs italiens. D’autres, au contraire, assimilent Italiens et Russes : « Nous allons encore aller renforcer les armées italiennes qui se battent à la “russe”, c’est-à-dire sans conviction… » (cp 9/11/1917, 334 ri). Une sévérité qui vient probablement du fait que les hommes ont appris que des troupes françaises et britanniques vont aller renforcer le front italien : n’est-ce pas l’effet inverse de celui attendu de l’alliance, au moins d’un point de vue français ? On aide au lieu d’être aidé. Les commentateurs enregistrent la déception : « Faisant allusion au recul de l’armée italienne, des militaires sont découragés de voir que le soldat français est obligé de secourir les alliés » (cp 31/10/1917, 273 rac).

La venue de travailleurs italiens en France, à l’arrière du front, début 1918, n’arrange guère les choses : « Quelques critiques au sujet des jeunes travailleurs italiens faisant des travaux dans nos lignes pendant que nos vieilles classes sont combattantes » (cp 15/2/1918, 132 ri Tale) ; « L’emploi des Italiens à l’arrière est vivement critiqué » (cp 9/3/1918, Parc d’artillerie Div 124). Les travailleurs italiens, souvent affublés du surnom péjoratif de « macaronis », sont traités en embusqués13. Quoique jeunes et aptes au combat, ils ne se battent pas ; ils remplacent les Français à l’arrière, non au front. D’où l’amertume de certains correspondants : « Je voudrais voir ceux de la fameuse sœur latine à nos côtés, je te certifie qu’ils ne feraient pas demi-tour comme ils l’ont fait. C’est bien nous les bonnes poires, ces messieurs font les travaux de l’arrière… » (cp 15/2/1918, Cie de mitrailleuses de positions) ; « J’ai été à Givry en Argonne, il y a mille trois cents macaronis qui travaillent et c’est des jeunes de dix-neuf à vingt-cinq ans, et nous les vieux, nous allons retourner se la faire casser, enfin, cela est bien triste » (cp 15/2/1918, 132 ri Tale). Le déroulement ultérieur de la guerre n’affecte guère ce substrat.

  • Et les autres ?

Les autres alliés, Belges, Serbes, Roumains, Grecs, Japonais… sont des silhouettes trop furtives pour être prises en compte ici. Il convient néanmoins de souligner une situation exceptionnelle, révélatrice, indirectement mais de manière frappante, des attentes des poilus par rapport à leurs alliés. Il s’agit de la brève dépression du moral de l’armée française fin novembre-début décembre 1916 : « On ne saurait exagérer l’importance que la masse accorde aux défaites roumaines » (cpn 15/12/1916, lettres du 25/11 au 10/12) ; « On n’imagine pas quels retentissements douloureux ont chez nous les défaites roumaines. Elles ont causé une impression analogue, selon beaucoup de correspondants, à celle que provoqua le départ du gouvernement français à Bordeaux, en 191414. La comparaison est à peine forcée » (cpn, 1er/1/1917, lettres du 10 au 25/12).

Les extraits de lettres précisent la portée de ce désarroi après la conquête de l’essentiel de la Roumanie par les empires centraux et particulièrement leur entrée à Bucarest, le 6 décembre 1916. « Les Roumains se font passer la friquette [sic], ils viennent de se laisser prendre une ville de quatre cent soixante mille habitants. Ils sont terribles ces Boches, jamais nous ne les aurons » (cp 30/11/1916) ; « Je trouve la situation générale plus mauvaise que jamais et je n’ose pas songer à l’avenir tant je le vois sous de tristes couleurs. Voici la Roumanie anéantie. Qu’allait-elle faire dans cette galère ? » (cp 7/12/1916).

Au-delà du cas roumain, c’est une double peur qui s’exprime en filigrane : peur que, même avec des alliés, on ne puisse venir à bout des Allemands, et peur de rester seuls, les autres alliés battus ou inertes, face à eux. Paradoxalement, dans les deux cas, l’allié, ou plutôt les alliés, révèlent un sentiment d’insécurité français devant la force de l’ennemi allemand.

  • Conclusion

Dans le regard des poilus, les alliés sont dotés d’une image plurielle, éclatée ; ils ne forment pas un ensemble cohérent et entrent en concurrence les uns avec les autres, selon une géo-symbolique assez instable. Chaque partenaire est apprécié en vertu d’une triple relation : par rapport à l’ennemi, par rapport aux Français et par rapport aux autres alliés.

Dans ce contexte, l’évaluation d’un allié ne va pas de soi. « Peut mieux faire » et « Et pourtant, il en faut » : telles seraient peut-être les deux expressions qui restituent le mieux, d’après leur correspondance entre 1916 et 1918, le balancement du jugement des soldats français sur leurs partenaires. Cette oscillation reflète vraisemblablement une inquiétude sous-jacente. Si nous reprenons les opinions critiques contre les alliés, nous constatons que chacun d’entre eux, tel l’enchanteur du récit d’Apollinaire, est suspect, à un moment ou à un autre, d’être « décevant et déloyal »15. Décevant, dans l’ordre de l’efficacité ; déloyal, dans l’ordre de l’engagement au côté des Français.

L’inversion de cette formule offre la définition du bon allié pour les poilus16. C’est celui qui s’engage pleinement au côté des Français, payant comme eux, au front, « l’impôt du sang »17, tout en se montrant visiblement et durablement efficace contre le redoutable ennemi allemand. Exigence élevée, à laquelle seuls les Russes, de février à août 1916, puis les Américains, de juin à octobre 1918, ont apparemment répondu. Les bons alliés sont donc aussi rares que nécessaires, et toujours sujets à révision. Équation fort ardue à résoudre, dans la guerre comme, ultérieurement, dans la paix armée.

1 Voir F. Lagrange, « Moral et opinions des combattants durant la Première Guerre mondiale d’après les rapports du contrôle postal de la ive armée (1915-1918) », thèse sous la direction de G.-H. Soutou, université Paris IV-Sorbonne, 2009, introduction, particulièrement pp. 36-48 pour la méthodologie du contrôle postal, et, du même, une réflexion actualisée dans « Les troupes indigènes (avril 1916-mars 1918) sous le regard du contrôle postal : une situation incertaine », Mondes et cultures. Bulletin de l’Académie des sciences d’outre-mer, « La Grande Guerre. Année 1914. Mobiliser et engager les combattants », 1-2-3-4 2014, tome LXXIV, 1er trimestre 2016, pp. 75-77.

2 Les extraits de lettres sont entre guillemets, les commentaires des contrôleurs en italique entre guillemets. cp signifie contrôle postal à l’échelle d’un régiment ou d’une armée, cpn à l’échelle nationale sur le front français. Pour l’année 1918, nous avons également exploité J. Nicot, Les Poilus ont la parole, Lettres du front 1917-1918, Bruxelles, Éditions Complexe, 1998.

3 L’arrivée, très valorisée par les journaux, d’un modeste contingent russe sur le front français, à partir d’avril 1916, a également un certain retentissement. Voir R. Adam, Histoire des soldats russes en France (1915-1920). Les damnés de la guerre, Paris, L’Harmattan, 1996, notamment pp. 21-35 et 38-45.

4 J. Nicot, op. cit., pp. 431-432. Les commentaires des censeurs et les extraits de lettres ne sont pas précisément datés, mais référés à une période donnée, que nous indiquons.

5 Ibid., pp. 432-433.

6 Ibid., p. 435.

7 Ibid., p. 465.

8 Ibid., pp. 465-472 et 505-512.

9 Ibid., p. 468.

10 Ibid., pp. 363-366.

11 Ibid., pp. 467-468 et ci-dessus la partie consacrée aux Américains.

12 Expression alors courante. Viviani, président du Conseil français, évoque le 4 août 1914 les « deux sœurs latines ». Voir J. Garrigues, Les Grands Discours parlementaires de la IIIe République, de Victor Hugo à Clemenceau (1870-1914), Paris, Armand Colin, 2004, p. 209.

13 Voir aussi Ch. Ridel, Les Embusqués, Paris, Armand Colin, 2007, pp. 143-144.

14 Juste avant la Marne. Le contrôle militaire postal n’existe pas alors.

15 G. Apollinaire, L’Enchanteur pourrissant, 1909.

16 Qui n’est pas nécessairement celle des décideurs politico-militaires.

17 Selon la fameuse formule du général Foy, le 28 mai 1824, citée par J.-F. Chanet, « L’épique et le trivial », in Collectif, Avec armes et bagages. Dans un mouchoir de poche, Paris, Musée de l’Armée/éditions Nicolas Chaudun, 2011, p. 119.

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