Numéro 37

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DOSSIER

Ces armes de destruction pas très mineuresPhilippe Chapleau
La guerre n’est pas un jeu, or des milliers d’enfants la font au sein d’institutions militaires, de groupes armés, de gangs mafieux ou d’organisations terroristes. Volontaires parfois, recrutés de force le plus souvent, ils constituent un défi tant tactique que stratégique que doivent relever les forces de sécurité.
À l’école de l’État islamique : les « lionceaux du califat »Wassim Nasr
Dès son implantation en Syrie, l’éducation et la formation des enfants et des adolescents furent une priorité pour l’État islamique. Il a ainsi mis en application une stratégie indispensable à son modèle de société, à sa pérennité et à celle de son idéologie.
Dans un camp de réfugiésMohammed Gartoum
L’Agence des Nations unies pour les réfugiés estime le nombre de personnes réfugiées dans le monde à vingt-trois millions et de personnes déplacées à soixante-cinq millions. Plus de la moitié d’entre elles ont moins de dix-huit ans. Mohammed Gartoum, psychiatre militaire marocain, rapporte ici son expérience auprès des enfants du camp de Zaatari, en Jordanie.
L’étrange destin de Saïd FerdiPatrick Clervoy
Entre dix et quinze ans, Saïd Ferdi fut chahuté entre fln et armée française, ses bourreaux devenant ses protecteurs. Or à aucun moment de son autobiographie publiée en 1981 il ne porte de jugement sur les protagonistes de son histoire : entré dans la guerre enfant, il y est resté avec son jugement d’enfant. Retour sur un étrange destin.
Des enfants-soldats à Sparte ?Françoise Ruzé
Longtemps les historiens, en s’appuyant sur les écrits de Plutarque, ont décrit un rapport obsessionnel à la guerre dans les pratiques éducatives spartiates, faisant des jeunes Lacédémoniens de véritables enfants-soldats. Une vision largement remise en cause aujourd’hui.
Enfant de troupe et enfant-soldatElrick Irastorza
Pour le général Irastorza, il convient de s’élever contre l’amalgame entre enfant de troupe et enfant-soldat que certains pourraient, par ignorance, être tentés de faire. Il montre ici, à travers le récit d’une partie de sa vie, qu’aucun parallèle n’est possible entre l’une et l’autre de ces conditions humaines.
Enfant de la guerre, enfant de troupe, homme de guerre ?Jean-René Bachelet
« Comme tous les pupilles de la nation, je suis un enfant de la guerre. » Ainsi commence ce récit. Après avoir été enfant de troupe dès dix ans, puis avoir passé cinquante ans sous l’uniforme, son auteur se demande si, « né de la guerre », il a été « élevé pour la guerre », ce qui l’aurait « voué à la guerre ». L’histoire d’une vie marquée par l’amour de la France et le culte de ses valeurs fondatrices.
« Ton père est toujours à côté de toi »Jean-Luc Cotard
Inflexions a rencontré un frère et une sœur, orphelins d’un officier mort en Indochine dans un camp de prisonniers. L’un semble très détaché du sujet, l’autre avide de détails sur la vie de ce père qu’elle n’a pas connu. Un article qui ne cherche pas à théoriser, mais expose par petites touches cette recherche du père.
1953 : prise d’armes aux InvalidesThierry Gineste
Le lieutenant Paul Gineste est mort le 11 janvier 1952 en Indochine. Son fils Thierry, alors qu’il était âgé d’à peine cinq ans, reçut en son nom les insignes de la Légion d’honneur des mains du général Monclar dans la cour d’honneur des Invalides. Aujourd’hui psychiatre reconnu, il revient sur sa douleur d’enfant, sur sa vie bouleversée, sur son deuil impossible.
« Papa est mort en Afghanistan »Nicolas Mingasson
Après avoir partagé pendant un an la vie d’une unité de combat engagée en Afghanistan, Nicolas Mingasson, photographe et grand reporter, a publié un recueil d’entretiens menés avec les parents, les épouses, les enfants, les frères d’armes et les chefs des soldats français morts là-bas. Il reprend ici ce travail pour tenter de cerner le deuil de l’enfant.
Né de père allemandFrancis Boulouart
Francis est né le 23 janvier 1943. Sa mère, Georgette, est une jeune habitante de Calais. Son père, Willi, est… un soldat de la Wehrmacht, qui occupe alors la ville. Francis est un « fils de Boche ». Récit d’une quête d’identité.
Le patriotisme dans l’école en France de 1870 à 1939Entretien avec Olivier Loubes
Contrairement à ce que laissent entendre des discours trop souvent simplistes, si l’école des années 1870-1939 a bien façonné un sentiment citoyen républicain chez les Français, qui débouche sur l’obligation naturelle de prendre les armes, elle s’est toujours refusé à former des soldats.
Qu’est-ce que la guerre ? Mots d’enfants
Pour Inflexions, des enfants d’une classe de CE2 et d’une classe de CM2 ont répondu à la question : « Qu’est-ce que la guerre ? »
Au risque de la transmissionYann Andruétan
En intégrant dans notre récit personnel des enseignements qui vont bien au-delà des injonctions, des savoirs, des rites, des cultures, nous intégrons une longue chaîne de transmission qui fait de nous des héritiers. Or transmettre n’est pas un acte évident et simple. Pour un militaire, c’est se préparer à l’improbable.
Tout chef a été un enfantÉmilien Frey
Souvent premières victimes des heurts des combats, certains enfants souhaitent pourtant embrasser le métier des armes. Quels sont les ressorts de ces histoires individuelles qui entraînent le futur adulte à faire ce choix lourd de sens et à tout mettre en œuvre pour devenir un chef ?
Images du royaume de la mortAvigdor Arikha, 1942-1943
Déporté, Avigdor Arikha, âgé de douze ans, a secrètement dessiné l’horreur qui l’entourait. Une œuvre qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’art. Inflexions publie aujourd’hui certains de ces dessins.
Bara, du héros de papier à l’enfant exemplaireJean-Clément Martin
Parmi les symboles que la iiie République invoque, après 1870, pour légitimer le nouveau régime, le jeune Bara, tué durant la guerre de Vendée, occupe une place importante. Comment rendre compte des vies réelle et imaginaire de cet enfant, soldat et martyr pour les uns, voleur de chevaux et imposteur pour les autres ?
Dessiner la guerre
Durant toute la Grande Guerre, les écoliers de Montmartre ont, en classe, dessiné la guerre au quotidien. Inflexions présente quelques-unes de leurs œuvres.
L’image des enfants dans les cartes postales de la grande guerreMichaël Bourlet
En 1914-1918, les enfants s’imposent comme l’un des grands enjeux de la guerre et l’un des instruments de la mobilisation générale. Leur image est abondamment exploitée par la propagande, notamment par le biais des très populaires cartes postales.
L’enfant et les sortilèges de la guerreYann Andruétan et Aurélie Éon
Faut-il laisser les enfants jouer à la guerre ? Entre ce qui apparaît comme un passage obligé et le souhait d’épargner aux plus jeunes l’exposition à la violence, il est difficile de trancher. Or interroger la place de celle-ci chez les enfants revient en fait à examiner son origine et la place qu’elle tient dans notre culture.
Enfance et violenceFrédérique Gignoux-Froment et Jokthan Guivarch
De prime abord, la guerre semble être la forme de violence la plus extrême à laquelle un enfant peut être exposé, avec des conséquences majeures sur son développement psychique. Néanmoins, moins visibles, les violences quotidiennes, au sein des foyers ou dans les écoles sont une autre voie du traumatisme psychique.
Le scoutisme ou l’espérance d’un monde meilleurPierre-Henri Bertin
« Les outils de la guerre peuvent devenir, auprès de la jeunesse, les outils de la paix et du développement humain, moral et spirituel », disait Baden-Powell. En mettant au centre de son projet le développement individuel des jeunes par les jeunes, avec comme clé de voûte la confiance et le sens de l’engagement, le scoutisme est d’une grande modernité et d’une actualité évidente.

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