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20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°11 | Cultures militaires, culture du militaire

Dominique de La Motte
De l’autre côté de l’eau
Indochine 1950-1952
Paris, Tallandier, 2009
Dominique de La Motte, De l’autre côté de l’eau, Tallandier

En 1951 et 1952, le lieutenant Dominique de La Motte a été volontaire pour prendre le commandement du Commando 12, une unité commando de supplétifs assez bohèmes, congaïs comprises, comme l’a voulue le général de Lattre dépêché en Cochinchine pour redresser une situation déjà très compromise. La petite troupe « incommandable », hébergée chez un Blanc planteur d’hévéas à la frontière cambodgienne, traque le Viet infiltré, surveille les caodaïstes, monte des embuscades et pousse les raids en zone interdite, « de l’autre côté de l’eau ». Elle chasse le renseignement, fait du butin, amadoue les buffles les plus grincheux, rend la justice minimale et veille au respect des bonnes mœurs. Et, surtout, met son point d’honneur à outrepasser les ordres et à se dépasser elle-même.

Sec, pudique jusque dans le pittoresque, singulier, jubilatoire, le récit du lieutenant Dominique de La Motte, alors à l’orée d’une belle carrière qui le conduira au commandement de la IVe région militaire, met en vedette une guerre inconnue, bien loin du contrôle des pistes et de la défense des postes. « Roi de guerre », le petit chef de bande grand lecteur de Pascal a beaucoup appris là-bas, au contact de ses nha-qués, ses paysans. Il en est sorti convaincu que faire la guerre révolutionnaire est un « travail de fourmi, fondé sur la patience, la ruse et d’inévitables compromis ». Mais aussi une inoubliable aventure humaine.


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