Le fil Inflexions

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N°18 | Partir

Guillemette de Sairigné
La Circassienne
Paris, Robert Laffont, 2011
Guillemette de Sairigné, La Circassienne, Robert Laffont

Dans cet ouvrage, la journaliste et écrivain Guillemette de Sairigné se penche sur le destin hors norme d’une des « dernières femmes d’épopée » du xxe siècle. Née en 1898, fille du général Hagondokoff, prince du Caucase nord, gouverneur militaire et commandant en chef des forces impériales en Extrême-Orient, Gali, future Leïla du Luart, connaîtra la vie sauvage en Mandchourie comme les fastes de la cour des Romanov à Saint-Pétersbourg. Dès l’âge de dix-sept ans, elle est infirmière pour l’armée russe. Pour fuir la révolution, elle gagne Shanghai avec son époux, un officier de la garde impériale, avant de divorcer et de s’exiler en France. À Paris, une nouvelle vie l’attend. Repérée par Coco Chanel pour sa grande beauté, elle devient mannequin et rencontre le milliardaire Ladislas du Luart, qu’elle épouse bientôt. Lorsqu’éclate la guerre d’Espagne, la désormais comtesse du Luart s’engage dans l’assistance aux blessés. Elle met alors en place la première formation chirurgicale mobile, des ambulances à l’intérieur desquelles, pour la première fois, on pratique la chirurgie lourde en zone de combat. Des milliers de blessés pourront ainsi être sauvés. À la tête de cette formation, elle sera sur tous les fronts : Espagne, camps d’internement de Vichy, en Algérie, campagnes de Tunisie, d’Italie, de France. En 1943, à Rabat, elle est faite marraine du 1er régiment étranger de cavalerie. Elle sera légionnaire de première classe, brigadier puis brigadier-chef d’honneur en 1944. En 1945, elle franchit le Rhin parmi les premières et défile à Paris le 14 juillet.

Commandeur de la Légion d’honneur, grand-officier de l’Ordre national du Mérite, elle totalise six citations dont trois à l’ordre de l’armée. Lorsque décède, le 21 janvier 1985, cette femme à la volonté de fer, au grand courage physique, au fort caractère, au charme ravageur et d’une grande humanité, des obsèques dignes d’un maréchal d’Empire lui furent offertes à Saint-Louis-des-Invalides. Elle repose dans le carré Légion du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Cette biographie alerte et passionnante a été couronnée par le prix Erwan Bergot 2011, qui récompense une œuvre grand public écrite en langue française et célébrant un exemple d’engagement au service de la France et de ses valeurs essentielles.


Expériences combattantes xixe... | François Cochet (sd)