Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°21 | La réforme perpétuelle

Julien Fargettas
Les Tirailleurs sénégalais
Les soldats noirs entre légendes et réalités, 1939‑1945
Paris, Tallandier, 2012
Julien Fargettas, Les Tirailleurs sénégalais, Tallandier

Les tirailleurs sénégalais font partie de la mémoire collective française. Recrutés dans toute l’Afrique noire, aussi bien en Afrique de l’Est qu’en Afrique centrale et occidentale, le terme « sénégalais » leur est donné du fait que le premier régiment de tirailleurs a été créé au Sénégal. Baptisés « tirailleurs sénégalais », « troupes indigènes » ou « Force noire », caricaturés en « Y’a bon Banania », leur histoire est faite de gloire, de larmes et de sang. Chacun sait à quel point leur concours fut précieux durant la Grande Guerre, en particulier au Chemin des Dames, en 1917. En 1939, les troupes coloniales représentaient cinq cent mille hommes. Et sur un total de soixante mille soldats français tués pendant l’invasion, un tiers appartenait à ces troupes. Ils couvrirent la retraite, endurèrent de lourdes pertes et redoutèrent d’être exécutés en cas de capture par les Allemands qui les considéraient comme des « sous-hommes ». La défaite de juin 1940 ne signifia pas la fin de leur engagement dans le second conflit mondial. Les troupes coloniales constituèrent en effet l’ossature des forces qui ont libéré la métropole, en combattant en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Italie.

Issu d’une brillante thèse de doctorat, Soldats inconnus. Les tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale, l’ouvrage de Julien Fargettas met en lumière ce que la mémoire collective n’a pas retenu et s’impose comme la première grande synthèse sur l’histoire de ces soldats durant la Seconde Guerre mondiale. Au-delà de leurs faits d’armes, l’auteur raconte l’histoire méconnue de ces combattants : leur vie quotidienne, leur recrutement, les liens forts qui se nouèrent entre Français et tirailleurs captifs, leur implication dans la Résistance, mais aussi leurs relations conflictuelles avec les populations du Maghreb ainsi que leur retour chez eux à l’issue du conflit, un après-guerre douloureux fait d’attentes et de frustrations. Il aborde également certains événements restés dans l’ombre et objets de polémiques comme les mutineries ou les exactions commises par certains. Il replace ainsi l’histoire du soldat noir de la Seconde Guerre mondiale dans son contexte colonial, dans son contexte militaire ainsi que dans le contexte particulier de ce conflit.


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