Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°29 | Résister

Xavier Boniface et François Cochet (dir.)
Foi, religions et sacré dans la Grande Guerre
Xavier Boniface et François Cochet (dir.), Foi, religions et sacré dans la Grande Guerre, Artois Presses Université

Ces actes de colloque contribuent, de façon très large, à mieux connaître et comprendre le rôle et la place, l’influence mais aussi les conséquences pour elles, des grandes religions dans la Première Guerre mondiale. L’ouvrage est divisé en trois grandes parties (« Les religions mobilisées », « La foi éprouvée par la guerre » et « Le sacré et le sacrifice ») qui regroupent au total dix-sept communications. Les intervenants s’intéressent aux différentes armées en guerre et aux différentes religions en présence. Protestants, juifs et musulmans sont ainsi ponctuellement abordés, même si le plus grand nombre des contributions s’intéresse aux catholiques. Les plus originales, dans la littérature francophone, sont à notre sens celles qui traitent des différentes manifestations de la présence et de l’influence du monde protestant (certaines interventions d’aumôniers canadiens sont impressionnantes), aussi bien en France que dans les armées anglo-saxonnes. Les excès de certains propos ne sont pas tus. Dans sa communication sur « L’État et l’armée face à l’islam en France », Raberh Achi revient sur la crainte d’une manipulation des musulmans par l’Allemagne et leur prise en compte par les autorités. Dans son intervention consacrée au diocèse de Florence, Matteo Caponi, quant à lui, rappelle en particulier la capacité « d’adaptation » du discours institutionnel religieux, des « messes philo-neutralistes » de l’automne et de l’hiver 1914 à l’office solennel de juin 1915 « pour implorer l’assistance divine sur nos combattants ». Les religions adoptèrent ainsi le discours de guerre en vigueur dans chaque pays, et ni les catholiques ni les protestants ne purent influer en tant que tels sur le cours des événements. Leurs organisations et liens internationaux, pas plus que ceux des socialistes en juillet 1914, ne parvinrent à imposer la paix. Il n’est pas à proprement parler question d’accepter la guerre, mais d’en expliquer les causes et le déroulement ainsi que de replacer telle ou telle église dans le cours de l’histoire. Les communications montrent aussi l’extrême diversité des situations, par ailleurs fluctuantes dans le temps et dans l’espace. Dans ce domaine également, la complexité est au cœur des travaux sur la Grande Guerre.

PTE

Journal d’un prisonnier | Général André Zeller
Lawrence H. Keeley | Les Guerres préhistoriques