Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°23 | En revenir ?

Sylvain Favière
Ma blessure de guerre invisible
Paris, Esprit com', 2013
Sylvain Favière, Ma blessure de guerre invisible, Esprit com'

Sylvain Favière a été engagé en Afghanistan, en vallée de Kapisa, dans une mission de formation de l’armée afghane. Six mois et demi, du printemps à l’automne 2008. Il s’y est préparé avec enthousiasme. Cette mission était l’aboutissement d’un long chemin de formation : être infirmier puis être affecté au sein d’une unité de parachutistes. L’apogée de sa carrière après quatorze années de service actif. Il raconte ce que racontent ceux qui sont allés là-bas : un pays magnifique aux belles montagnes, une population qui se dérobe au partage culturel, les femmes et les filles voilées, des paysans aux mœurs rustiques, les enfants curieux. Cet univers de carte postale est infiltré des tensions de la guerre, des accrochages à l’arme légère, des harcèlements par les tirs de roquette. Et il y a les blessés, le sang qui s’enfuit des plaies atroces, les cris, la tension, l’angoisse, la colère, le dépit, parfois la mort. Et il y a l’installation insidieuse de ce qu’il appelle « ma » blessure invisible… Il ne la reconnaît pas tout de suite. Au retour, la vie civile reprend son cours, lentement empoisonnée des stigmates psychologiques de sa mission. Les derniers chapitres sont ceux de son parcours de résilience : l’isolement, l’irritabilité, les larmes, les cauchemars qui le replongent dans la guerre. La tentation de l’alcool, la fuite dans le travail. Il y a la rencontre du psychiatre militaire, puis le travail de guérison qui l’amène à former ceux qui doivent aujourd’hui prendre en charge les détresses psychiques de ceux qui reviennent d’Afghanistan. Le mot de la fin est dans les remerciements : « Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont accompagné dans cette épreuve, mon épouse, mes amis. Mais aussi vous, lecteurs qui vous êtes intéressés à mon histoire, à la problématique de l’état de stress post-traumatique et qui, peut-être, tendrez la main à votre tour. » Ce livre a reçu le soutien de l’agpm. L’intégralité des droits d’auteur est reversée à la cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre.


Napoléon chef de guerre | Jean Tulard
André Bach | Justice militaire, 1915‑1916