Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°29 | Résister

Aurélien Lignereux
L’Empire des Français (1799‑1815)
Paris, Le Seuil, 2014
Aurélien Lignereux, L’Empire des Français (1799‑1815), Le Seuil

Ce document de quatre cent dix-neuf pages aborde une période de notre histoire abondamment traitée sous un aspect particulièrement intéressant en ce qu’il s’attache à montrer le mode de vie des Français des cent trente départements et leur ressenti. Traitant cette période abondamment documentée et analysée, l’originalité de l’approche mérite amplement de s’y attarder dès lors que l’on s’intéresse un tant soit peu à l’histoire et aux relations humaines. Par une approche originale, l’auteur inscrit la période postrévolutionnaire comme une expérience inachevée alliant la République française (qui n’aurait pas cessé d’exister) à l’empire, qui dépasse les limites du territoire national. Il y analyse les intentions du pouvoir, la transmission de son discours et les réactions des nouveaux « Français ». Le sujet est dense et l’on sent bien que l’auteur le maîtrise et l’aborde avec sérieux. Cependant, ce qui fait la force de ce livre devient rapidement un défaut. D’une part, de nombreuses parties auraient mérité un développement et justifié un second tome. D’autre part, cet universitaire ne s’adresse, par sous-entendu, qu’à des initiés… Et utilise une phraséologie censée en imposer à tel point qu’elle finit par sembler être ridicule. Ainsi parler de l’acéphalité de l’Espagne pour dire que ce pays n’avait pas de réel dirigeant paraît inutile. De même, utiliser à tort et à travers des expressions latines, anglaises voire allemandes (à quoi sert d’utiliser l’Hinterland quand le mot arrière-pays se suffit à lui-même ?) relève plus du souci d’être reconnu par ses pairs que de la volonté de transmettre et de vulgariser. Enfin, le style est compliqué, alambiqué, jusqu’à rendre certaines phrases difficilement compréhensibles, quand encore on ne s’attarde pas sur de grosses fautes de français. En conclusion, un sujet très intéressant car novateur quant à son fond et à la manière de le traiter, mais une écriture qui agace et passe à côté de son objectif de transmettre un savoir original au plus grand nombre.

Philippe Mignotte

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